Urbanisme et landscape urbanism: regards sur les paysages vivants habités pour une théorisation des figures de nature des villes de montagne

Il y avait peu de villes dans les Alpes au Moyen Âge. L'environnement alpin, rude et souvent hostile, a défini la ville comme un «objet spécial» dans le territoire, non comparable aux autres types d'établissements humains. En même temps, pour ceux qui vivaient à l'intérieur des murs de la ville, la relation avec la nature pouvait être plus déterminante que celle que les villes de plaine entretenaient avec la campagne. La grandeur de l'environnement a-t-elle fait de ce territoire un paysage monumental? Comment le paysage change-t-il en fonction de la présence d'une ville? Comment la vision du paysage change-t-elle pour ceux qui observaient la ville depuis les cols alpins ou pour ceux qui observent les montagnes depuis l'intérieur des murs de la ville? La contribution explore le thème de la monumentalité des villes dans les Alpes et la relation que les villes entretenaient avec l'environnement montagneux. Elle remet également en question la possibilité de l'existence d'une monumentalité «naturelle» et «alpine».

L’activité de projet urbain (urban design) et du projet paysager (landscape urbanism) dont deux instruments privilégiés de l’urbanisme permettant de caractériser le genius loci (génie du lieu), ses composantes matérielles et immatérielles et d’accompagner les transformations, usages et perceptions des natures présentes en milieu urbain. Ce sont des activités anciennes qui ont la particularité de se métamorphoser dans le temps avec l’évolution des conditions et des enjeux de la fabrique des espaces de l’habiter, des risques et incertitudes et des évolutions sociétales. Les types de nature dans les villes de montagne se caractérisent à la fois par leur singularité et leur diversité. Ce trait permanent questionne le rapport à la théorisation. Comment construire des cadres conceptuels, méthodologiques et des systèmes interprétatifs en mesure de rendre compte de la coalition de la diversité et de la singularité des «figures de nature plurielles» en milieu montagnard? De quelle manière les caractériser? Avec quels outils? C’est le sens de la réflexion conceptuelle élaborée dans cette proposition. Adossé à une posture actionniste, à un outil méthodologique permettant de caractériser ces natures et à une analyse comparative, ce cadre conceptuel est organisé autour des propriétés qui transcendent les diversités et autour des paramètres qui, au contraire, expliquent les diversités observables pour faire émerger des «figures de nature» constitutives de l'habitabilité des milieux de vie des villes de montagne aussi appelées «technonature», «nature esthétique», « nature créatrice», «nature monumentale» et «nature in progress».

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