La place de la nature en tant que source de savoirs au sein des programmes et des manuels scolaires en Suisse: les cas vaudois et tessinois au XIXème siècle

Si aujourd’hui la relation entre les individus et la nature est une question vive, cette thématique occupe également une place prépondérante dans les programmes scolaires et les réflexions pédagogiques. Dans le cas suisse, de nouvelles formations sur l’éducation durable sont proposées aux enseignant·e·s. Même si les thématiques et la façon de les aborder étaient différentes, la nature a également fait partie des intérêts des pédagogues des siècles passés. Le développement naturel de l’enfant prend une importance particulière dans l’éducation dès le XVIIIème siècle, notamment après la publication de l’Emile de Rousseau (1762). Les possibilités d’apprentissage et d’enseignement offertes par la nature sont également intégrées dans les réflexions pédagogiques (Fuchs, 2014), à l’instar de Pestalozzi, et la mise en place de l’instruction publique en Suisse au XIXème siècle. Considérée à la fois comme un modèle de développement et comme une ressource de savoirs et d’expériences d’enseignements, la nature est présente dans les discours des acteurs·actrices impliqué·e·s dans la mise en œuvre progressive de la forme scolaire moderne (Schnwuely & Hofstetter, 2017), dans les textes prescriptifs et dans les ouvrages scolaires. Afin de retracer l’évolution des multiples facettes de la nature convoquées dans le monde scolaire au XIXème siècle, nous allons comparer deux cas d’études. Plus précisément, nous étudierons deux cantons contrastés, à savoir le Tessin et Vaud. S’appuyant d’une part sur les textes prescriptifs, les programmes, les ouvrages scolaires et d’autre part sur les discours des pédagogues (notamment en étudiant la presse pédagogique), nous mettrons en évidence les changements et les pérennités des invocations de la nature.

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