Les compagnies de chemin de fer de montagne, un acteur central du développement touristico-sportif en altitude

Le développement touristico-sportif dans les montagnes suisses, qui s'intensifie tout au long de la seconde moitié du 19e siècle, est étroitement lié à la question du transport. Certes, dans un premier temps, le chemin de fer ne parvient pas à pénétrer les régions d'altitude, cela en raison de ses limites techniques. À partir de 1870, cependant, la mise au point du chemin de fer à crémaillère et du funiculaire, puis de la traction électrique de ces deux nouvelles technologies, permet au rail d'investir la montagne et d'y effectuer une diffusion plutôt rapide: entre 1871 et 1913, 48 funiculaires - quelques-uns sont toutefois urbains - et 16 crémaillères sont mis en service en Suisse. Les compagnies de chemin de fer de montagne deviennent ainsi des acteurs incontournables de la modernisation technique et du développement touristico-sportif de l'espace montagnard.

En partant du cas de Montreux et de ses cinq chemins de fer de montagne, cette contribution a pour ambition de problématiser quelques aspects de l'apparition de ces acteurs en montagne. Dans un premier temps, il s'agira de comprendre qui sont les promoteurs des compagnies en utilisant la base de données biographiques Biolemano, qui répertorie les acteurs touristiques individuels de l'Arc lémanique entre 1852 et 1914. Dans un deuxième temps, l'analyse se focalisera sur la contribution des compagnies ferroviaires au développement des sports d'hiver. De ce point de vue, le funiculaire entre Les Avants et Sonloup, mis en service en 1910, fournira un exemple très significatif. Dans un troisième temps, il s'agira de souligner que le chemin de fer de montagne représente une intrusion massive de la modernité technique dans les régions de montagne, qui provoque de fortes résistances parmi les défenseurs de la nature et des paysages. Certains projets rencontrent ainsi de vives oppositions aux échelles régionale et nationale.

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