Mesurer la richesse des forêts. L’enquête de Joseph Despine sur « l’or vert » du duché de Savoie comme socle d’une analyse historique (1828 – milieu du XXe siècle)

En 1827, la secrétairerie d’État de l’Intérieur charge l’ingénieur des mines Joseph Despine d’évaluer la capacité des forêts du duché de Savoie à fournir du combustible aux usines, ainsi qu’à celles «qui s’établiraient par la suite». Dans ce cadre, l’ingénieur entreprend de relever sur le terrain, aux côtés des sous-inspecteurs des forêts, « tous les détails qui pouvaient servir à comparer les bois réellement existant dans chaque commune avec les besoins annuels des individus qui les habitent . » Cette enquête débouche sur un rapport de 580 pages qui fournit un ensemble important de données quantitatives pour chaque commune : surface des types de bois, surface des régimes d’exploitation, nombre de plantes coupées chaque année, types et effectifs des établissements industriels, etc. Elle apporte également des informations plus qualitatives sur les pratiques des populations locales .

Soumis au regard critique de l’historien, ce rapport constitue un matériau exceptionnel à au moins deux égards. Mis en forme dans un système d’information géographique, il constitue, d’une part, un outil d’analyse d’une grande finesse pour appréhender les pratiques localisées de gestion des forêts. D’autre part, il peut servir de socle à une analyse diachronique des usages de la forêt.

Cette proposition de communication propose d’aborder ces deux facettes. Nous proposons d’analyser les données fournies par Despine en 1828 pour les provinces du Faucingy, de Maurienne, de Savoie Propre et de Tarentaise. Puis, en centrant notre analyse sur le cas de la Maurienne, nous souhaitons montrer que cette enquête peut constituer une base pour questionner et étudier la gestion de « l’or vert » dans le temps par les différents acteurs.

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