Croisades occidentales contre les persécutions religieuses en URSS, des années 1930 à 1980 : de l’anticommunisme aux droits de l’homme ?

Souvent soupçonnés de mêler politique et religion, les acteurs qui dénonçaient la violence de l’athéisme soviétique militant à l’encontre les croyants en URSS dans les années 1930 peinaient à convaincre de la sincérité de leur motivation et à obtenir des résultats concrets. Ils ont échoué à mobiliser l’opinion, à obtenir le soutien des Eglises officielles et à susciter des réactions au sein de la Société des Nations. Comment expliquer qu’à partir des années 1970, certains mouvements confessionnels que l’on peut considérer comme leurs héritiers aient mieux réussi ? Dans le contexte de la Guerre froide, ils étaient eux aussi accusés d’anticommunisme sous couvert de promotion des libertés de croyance et d’association. Ils n’en sont pas moins parvenus à être reconnus comme experts en la matière au sein du « processus d’Helsinki ». Porte-voix occidentaux des « Eglises du silence » (ainsi que l’on nommait les groupes de croyants contraints à l’Est de pratiquer leur religion dans la clandestinité), ces acteurs étaient-ils mus par d’autres motivations que leurs prédécesseurs ? Etaient-ils entrés dans un nouveau paradigme marqué par la prééminence des droits de l’homme ? La contribution tentera de répondre à ces questions à la lumière de l’évolution du cadre international qui a permis l’insertion d’acteurs et d’institutions confessionnels dans des dispositifs tels que la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE).

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