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Débats autour du caractère naturel de la solidarité: Pratiques et discours solidaires (XIXe-XXe siècles)

En 1912, Emile Durkheim assurait : «Si la société est une réalité spécifique (…) elle fait partie de la nature, elle en est la manifestation la plus haute.» L’affirmation de la dépendance symbolique du social à l’égard de la nature se retrouve dans de nombreuses réflexions philosophiques, sociologiques ou encore anthropologiques. Elles font la différence entre ce qui est naturel et relève de lois nécessaires (déclarées universelles), et celles que l’on considère comme culturelles, comme relevant de normes conventionnelles (Lévi-Strauss). La question très générale du caractère naturel des interactions sociales, telle qu’elle fut explorée par les penseurs au fil des siècles (Aristote, Montesquieu, Condillac, Ferguson, Hume…), trouve de nombreuses déclinaisons spécifiques. Thomas d’Aquin ou Léon Bourgeois ont ainsi visé à déterminer l’essence naturel ou non de l’interdépendance entre l’individu et la communauté, tout comme des devoirs réciproques que cette complémentarité implique. En d’autres termes, ils ont ainsi interrogé ce que l’on décrit par la notion de «solidarité». Celle-ci se déploie dans des contextes les plus divers, allant de la sphère de la morale aux luttes politico-idéologiques. Cette plasticité en fait un révélateur privilégié du questionnement historique sur le caractère naturel ou non des relations individu-société.

Dans ce panel on examinera cette problématique à travers des expériences historiques concrètes, en analysant les différents discours solidaires (juridiques, éthiques, pratiques), véhiculés par les États, par les individus, les sociétés civiles, ou encore les instances internationales. Ainsi, l’objectif n’est absolument pas de trancher entre universel et conventionnel ou entre droit naturel et droit positif, mais de se focaliser sur les rhétoriques mobilisées en faveur de la solidarité. Une telle démarche permet de mieux comprendre les enjeux politiques, culturels ou idéologiques liés à la (re)présentation de la solidarité et, au-delà de ce cas particulier, de saisir la portée et le pouvoir d’une argumentation attestant/déniant le caractère naturel de comportements sociaux.

Les thèmes envisagés peuvent aller de l’action en faveur des démunis ou des persécutés, en passant par les grandes mobilisations politiques, mais aussi par l’analyse des chartes, des textes, des déclarations qui cherchent à «codifier» la sphère d’interdépendance entre l’individu et la société.

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