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La nature et ses facettes multiples dans l’éducation

Le 9 septembre 2020, le journal La Côte posait la question suivante à ses lectrices et ses lecteurs: «Apprendre au milieu des arbres plutôt qu’entre les murs d’une halte-jeux ou d’une salle de classe: l’idée séduit de plus en plus parents et professionnels de l’éducation. Effet de mode ou révolution?». La pandémie Covid-19 vécue depuis le printemps serait-elle le seul moteur de cet engouement pour un retour de l’enfant à un environnement pédagogique plus naturel? Si certains souhaitent que les murs de la classe soient aujourd’hui délimités par des résineux ou des feuillus, cette idée n’est pas nouvelle pour autant en pédagogie. L’histoire de l’éducation propose des modèles ou des exemples dans lesquels la nature occupe une place centrale dans les apprentissages et le développement de l’enfant. Cet intérêt, porté par les éducateurs dès l’Antiquité, se renforce à la Renaissance et prend un nouvel élan à l’époque des Lumières. Nous constatons ainsi que depuis la fin du XVIIIème siècle la nature peut être considérée de trois manières dans les discours pédagogiques: elle symbolise et modélise la croissance et le développement de l’enfant; elle offre des environnements propices aux enseignements et apprentissages en tant que pourvoyeuse de matériels pédagogiques riches et variés; elle devient objet d’enseignement et d’apprentissage permettant à l’enfant de s’ouvrir au monde. Dès lors nous postulons que ces trois dimensions se concrétiseront diversement dans les doctrines pédagogiques et seront particulièrement mises en tension au cours du processus de construction et d’implémentation de la forme scolaire moderne (Vincent, 2008; Schneuwly & Hofstetter, 2017) lors de la mise en œuvre de l’instruction publique dans l’espace européen.

L’objectif de ce panel est d’interroger la variabilité de ces trois dimensions et l’émergence de différentes formes de tensions dans des aires temporelles, culturelles, politiques et économiques distinctes. En adoptant l’approche des transferts culturels (Espagne, 1999), les sources prescriptives (loi, règlements, programmes et plans d’études), les manuels scolaires, la presse pédagogique ainsi que les écrits de certain·e·s pédagogues seront analysés afin de mettre en évidence les similitudes et les différences entre les espaces géographiques et temporels étudiés.

Indications bibliographiques

-Espagne, M. (1999). Les transferts culturels franco-allemands. PUF: Paris

-Schneuwly, B. & Hofstetter, R. (2017). Forme scolaire, un concept trop séduisant ? In A. Dias Chiaruttini (dir.), Théories-didactiques de la lecture et de l’écriture: Fondements d’un champ de recherche – en cheminant avec Yves Reuter (pp. 153-167). Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion.

-Vincent, G. (2008). La socialisation démocratique contre la forme scolaire. Éducation et francophonie, 36(2), 47-62.

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