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La montagne: un territoire naturel, moderne et sportif? Les représentations ‹sportives› d’un espace naturel

La montagne est un espace naturel marqué par divers processus liés à l’essor concomitant du tourisme et des sports modernes au fil du 20ème siècle, et que l’on peut identifier dans la multiplication des remontées mécaniques, la structuration de diverses offres hôtelières, la création de domaines skiables, l’avènement de «nouvelles» disciplines sportives, l’accroissement de l’impact social et environnemental du tourisme, l’apparition de volontés de protection d’espace spécifique et jusqu’aux débats entourant l’affirmation de la question environnementale et climatique au début du 21ème siècle. Ces constats liminaires nous invitent à nous interroger sur le rôle que vont jouer les activités touristiques et sportives dans la transformation de l’espace naturel montagnard au cours d’un long 20ème siècle.

Se plonger dans l’histoire amène à répondre de façon très contrastée, voire contradictoire. Économiquement et socialement, la montagne souffre sans conteste d’un jugement péremptoire. Elle est massivement condamnée à raison de son inertie dès lors qu’elle est comparée à d’autres communautés. Lieu d’isolement, de repli et de conservatisme, base d’exode aussi, elle ne ferait qu’accumuler les handicaps propres à la laisser loin derrière les progrès réalisés dans le «monde d’en bas».

La rendre fréquentable et pour tout dire aimable passe donc par l’imposition de normes venues d’ailleurs. D’un autre côté, elle s’affirme comme un lieu précurseur, par ses contraintes et ses ressources propres, notamment dans l’expérimentation et la mise en œuvre de formes de démocratie et l’on pense ici à des modalités inédites de gestion collective des biens communs et à des pratiques de gouvernance singulières. L’émergence des sanatoria et des sports d’hiver répond aussi, comme en écho, à cette valorisation des espaces montagneux et à la recomposition du regard porté sur ses différents espaces naturels. Dans le même temps, la montagne permet aussi de faire vivre l’idée d’une frontière entre le «civilisé» et le «sauvage», elle permet de penser la notion de «wilderness», de risque et de défis, dont les activités touristiques et sportives vont se nourrir au cours de développements quasi osmotiques avec l’espace naturel de la montagne.

Dans le cadre de ce panel, notre ambition est d’analyser les circulations de représentations dans et autour de l’espace naturel montagnard. Présent sur d’innombrables «objets» (chocolat, montre, crayon), le Cervin a ainsi été hissé au rang de symbole national pour la Suisse, un symbole fonctionnel tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. De fait, ces représentations peuvent aussi toucher des domaines d’expertise plus singuliers – notamment autour des techniques d’alpinisme ou dans la gestion politique de l’espace naturel lui-même – et semblent faire l’objet de contradictions, sans cesse réactualisées au gré des intérêts liés au développement de la montagne.

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