Inégalités de richesse et essor du néolibéralisme en Suisse (années 1970 à 1990)

La crise économique des années 1970 amorce un processus de fort accroissement de l’inégalité dans la répartition des richesses en Suisse et au niveau international. Dans la plupart des pays industrialisés, la réponse des gouvernements à cette crise se concrétise par la mise en oeuvre de politiques socio-économiques néolibérales en rupture avec l’orientation keynésienne dominante en Europe durant les trois décennies de forte croissance d’après-guerre. Ce panel vise à interroger cet essor du néolibéralisme dans le cas de la Suisse à partir du milieu des années 1970. Cette thématique est encore peu explorée par l’historiographie helvétique, alors même que les études sur le néolibéralisme se multiplient à l’échelle internationale. L’intention des organisateurs est en particulier d’analyser les facteurs économiques, sociaux, politiques et idéologiques permettant de comprendre ce phénomène nouveau, d’étudier l’interaction entre ces facteurs et de mieux comprendre la déclinaison spécifique en Suisse d’une évolution constatée à l’échelle internationale.

La crise du milieu des années 1970 – suivie de nouvelles périodes de difficultés économiques dans les années 1980 et 1990 – amène à des restructurations et à un processus d’internationalisation des entreprises qui mettent en cause les relations entre employeurs et salariés forgées durant la période de forte croissance de l’après-guerre. Dans le cadre d’une concurrence internationale exacerbée par la récession économique, les employeurs plaident en particulier pour davantage de flexibilité au sein du marché du travail. Parallèlement, le ralentissement économique et l’augmentation du chômage mettent sous pression les finances publiques et les assurances sociales, conduisant à une rigueur budgétaire accrue. Ces évolutions sont relayées voire encouragées sur le plan politique, notamment par le Parti radical-démocratique qui, en vue des élections fédérales de 1979, adopte le slogan : « moins d’Etat, plus de liberté ! », ainsi que par l’Union démocratique du centre de Christoph Blocher, qui connaît un essor électoral significatif dès les années 1990. Au sein de la gauche et du mouvement syndical, les réactions sont partagées entre résistance et adaptation au tournant libéral. Enfin, les débats autour du bien-fondé des réformes d’inspiration néolibérale font l’objet d’âpres débats idéologiques dans les sphères académiques, para-académiques (groupes de réflexion, etc.) ou médiatiques. C’est sur ce large spectre de thématiques économiques, sociales, politiques et d’histoire des idées que les organisateurs appellent à contribution.

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