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L'homme et la nature au Moyen Âge: une bataille perdue d’avance?

Le panel se propose d'explorer la relation entre l'homme et la nature au Moyen Âge. Dans la tradition culturelle occidentale le rapport de l'homme médiéval avec la nature a toujours été considéré comme une bataille perdue d’avance: cependant, une réflexion et une relecture des sources ouvrent de nouvelles voies d'investigation sur le sujet et conduisent à réinterpréter cette même relation d’une manière plus dynamique et articulée

La première intervention du Panel vise à présenter le cadre historiographique et à faire le bilan des sources disponibles. Le point de départ est la production ecclésiastique qui propose une approche plutôt positive de la nature sur la base du récit de la création du livre de la Genèse. L'expérience quotidienne de la nature - un environnement hostile, des catastrophes naturelles - contredit l'optimisme affiché dans la Genèse. Pour expliquer cette contradiction, est alors élaborée l'idée du châtiment de Dieu envers les hommes pécheurs: une idée qui influence la qualité des sources du haut Moyen Âge qui tendent à amplifier les difficultés de l’homme face à la nature en offrant une lecture théologique des phénomènes naturels. Autour du XIe-XIIe siècles, quelque chose semble toutefois changer: on assiste à une timide tentative de contrôle de la part de l'homme sur la nature; pour cette raison aussi les chroniqueurs, les sources narratives, les statuts municipaux offrent une nouvelle image selon laquelle les hommes semblent avoir finalement trouvé un moyen de dominer et de comprendre la nature. La crise du XIVe siècle représente, également pour la production de sources, un nouveau retournement: la Peste noire et le changement climatique recréent ces situations de précarité qui ne s'expliquent que par la punition divine. Ainsi, la fin du Moyen Âge a transmis à l’Epoque moderne une perception négative de la nature, à nouveau perçue comme un ennemi indomptable.

La deuxième intervention s’intéresse aux changements survenus autour du XIe-XIIe siècles, également causés par des phénomènes objectifs tels que la phase de réchauffement climatique qui accompagne l'explosion de l'an 1000 et l'apogée de la civilisation médiévale au XIIe siècle. Les études d'histoire du climat semblent redonner une certaine crédibilité (toujours à surveiller) à une nouvelle forme de déterminisme environnemental, grâce à un chevauchement parfait de la chronologie qui en dérive avec celle des principales transformations sociales, économiques et même politico-culturelles. Fort de ce cadre positif, l'homme du XIIe siècle s'engage pour une maîtrise toujours plus étendue du milieu environnant, à travers l'agrarisation des sols, la déforestation et la réhabilitation des zones marécageuses, aussi bien qu’à travers l’élaboration de nouveaux modèles de peuplement.

La troisième intervention se concentre sur un autre passage significatif de l’évolution du rapport entre l’homme et la nature au Moyen Âge, au travers des relations des civilisations aux catastrophes, interprétées comme châtiments divins.

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