De la famille à la planète des hommes? Représentations médiatiques de la terre en Suisse autour de 1970

L'année de la nature proclamée par le Conseil de l'Europe (1970) et en Suisse le projet d'article constitutionnel sur la protection de l'environnement (juin 1971) sont souvent vus comme un tournant dans la prise de conscience écologique. Celle-ci est liée autant à des enjeux politiques, scientifiques que médiatiques. Dès les années 1950 en effet se multiplient des représentations qui articulent le regard panoptique sur la planète à une forme de rétrécissement du monde, appréhendé dans son unité autant que sa diversité. À la vision humaniste de The Family of Man, la grande exposition du MoMA placée sous l'égide de Edward Steichen vont succéder des visions plus contrastées, qui mettent au jour un éclatement des configurations culturelles et des problèmes, à l’instar du film Mondo Cane (1962) ou de la série des Expositions mondiales de la photographie de Karl Pawek (1964-1978). En même temps que la perspective sur le monde tend à s’élargir avec l’expansion de l’imaginaire planétaire, le faisceau des défis auxquels l’humanité semble confrontée se complexifie, les problèmes environnementaux ne cessant de gagner en importance.

Notre propos, résolument transmédiatique, entend intégrer certaines collections éditoriales témoignant de ce nouveau regard à la fois englobant et kaléidoscopique (productions de Mondo et Rencontre notamment), le cinéma avec un film comme Voyage chez les vivants de Henry Brandt en 1970, ainsi que la télévision, où la couverture ponctuelle de crises environnementales conduit bientôt à des reportages plus élaborés. Il s'agira notamment d'analyser les regards portés sur la question environnementale, de questionner le caractère subversif de ces représentations synthétiques du monde et d’évaluer leur plus ou moins grande adéquation à la critique du progrès portée par l'écologie politique en émergence.

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