Colette à skis. Découvrir la montagne par les sports d’hiver dans l’entre-deux-guerres

Habituée aux côtes de Bretagne et du sud de la France, aux reliefs de Corrèze et de Franche Comté, Colette découvre la montagne et les sports d’hiver en Suisse dans l’entre-deux-guerres. Elle y prend des leçons de ski, pratique la luge, le patin à glace et le bobsleigh.

Dans la foisonnante iconographie de Colette, on retient une photographie de l’autrice prise en 1924, skis aux pieds, devant une institution suisse: l’hôtel Carlton de Saint-Moritz. Construit en 1913, comme le Royal Hôtel & Winter Palace de Gstaad dans lequel elle séjourne à la fin du mois de janvier 1924, il est un des symboles du tourisme grandissant dans les Alpes suisses au début du 20ème siècle. En février 1924, elle prolonge son séjour hivernal et rejoint des amis au Grand Hôtel des Avants à Montreux. La découverte des palaces suisses lui fait écrire à son amie Marguerite Moreno: «ces bougres de Suisses ont une science de l’hôtel simple et parfaitement confortable qui humilie les palaces de la Riviera». Outre la joie de la découverte des activités de montagne et des hôtels, sa correspondance permet de déceler l’existence d’une diversification des espaces touristiques d’un point de vue économique, où plutôt d’une polarisation des espaces en termes économiques, signe d’une véritable structuration de l’offre hôtelière. En effet, Gstaad semble déjà constituer un espace pour une population privilégiée tandis que Montreux demeure une destination plus attractive. Si Colette pratique la montagne et profite des aménagements (hôtels, pistes, cours) elle est aussi l’observatrice des excès de la démocratisation du tourisme alliés déjà à une conscience écologique qui lui fait écrire, dans un article de 1925, que: «le Créateur, accoudé sur la corne du mont le plus haut, n’y doit plus rien reconnaître». La montagne demeure un espace sauvage, indomptable et dangereux, dont la grandeur est associée aux cieux, à un Éden, soit un état primitif, reculé, protégé au-dessus de «la vallée humaine».

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